Affaire Théo : ce qu’a dit le policier mis en examen pour viol lors de son audition

Des coups de matraque, mais pas de pénétration ? Lors de son audition, l’officier de police mis en examen pour viol dans l’affaire Théo s’est défendu d’avoir gravement blessé le jeune homme. L’Express et Europe 1 ont publié, mercredi 15 et jeudi 16 février, des extraits du procès-verbal de l’audition du gardien de la paix. Franceinfo revient sur ce qu’il faut en retenir.

Cette première audition a eu lieu le 2 février à 19h09, tout juste plus de deux heures après l’arrestation de Théo dans la cité des 3 000 d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Le policier raconte que la situation a dégénéré après le contrôle dans ce quartier d’un « individu déjà connu de nos services pour son implication pour le trafic de produits stupéfiants ». Une altercation débute après la palpation d’une deuxième personne, rapporte L’Express. La patrouille de police tente alors d’interpeller Théo.

Alors que je venais de lui saisir le bras, je recevais de sa part un coup-de-poing au niveau de la pommette gauche. Durant quelques instants, j’ai été sonné.

Le policier mis en examenlors de son audition

« J’ai compris à ce moment-là, que l’individu serait prêt à tout pour se soustraire. Il se débattait, portait des coups-de-poing à tout-va, gesticulait en tous sens, même des jambes », continue le gardien de la paix. Il raconte que l’un de ses collègues parvient toutefois à conduire le jeune homme au sol, mais est entraîné dans sa chute « de manière très brutale ».

« Je n’ai aucune idée de la façon dont cette plaie a été faite »

Théo devient alors « encore plus virulent » et envoie plusieurs coups de pied à destination des policiers, selon lui. « J’usais alors de ma matraque télescopique et lui portais des coups en visant l’arrière des cuisses. L’individu continuait de se débattre, il se retournait, gesticulait en usant de son gabarit musclé, et il parvenait à se relever », continue le policier. Une fois debout, Théo se met alors à « piétiner » l’un de ses collègues, ajoute-t-il.

Le gardien de la paix raconte alors avoir de nouveau porté des coups de matraque au jeune homme, mais ne fait jamais mention de frappes au niveau des fesses.

Je décidais de porter à l’individu des coups de matraque télescopique en visant ses membres inférieurs dans l’espoir de lui faire perdre l’équilibre et de l’amener au sol.

Le policier mis en examenlors de son audition

Après un autre coup « au niveau d’une de ses jambes », Théo est menotté. Contrairement à ce qu’affirmait le jeune homme à son avocat, le policier dit n’avoir remarqué « une plaie saignante » qu’une fois arrivé au commissariat. « Je n’ai aucune idée de la façon dont cette plaie a été faite », conclut-il dans sa déposition.

Au commissariat, Théo, pourtant blessé, refuse dans un premier temps de se faire examiner par un médecin. Alertés, les pompiers l’emmènent à l’hôpital où la gravité de sa blessure est constatée. Le soir même, l’Inspection générale de la police nationale est saisie.