Equilibre gauche-droite, poids de la société civile, personnalités fortes : « Ce gouvernement va-t-il être gouvernable ? »

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Le gouvernement d’Édouard Philippe, nommé mercredi 17 mai, fait une place à la société civile et traduit la recomposition annoncée avec des ministres issus de la droite, de la gauche et du centre.  »Le nombre de nouvelles personnalités qui apparaissent dans ce gouvernement montre que le renouveau est là », a estimé jeudi sur franceinfo Jean Petaux, politologue et professeur à Sciences Po Bordeaux. Mais « la question est de savoir si ce gouvernement va être gouvernable », s’est-il interrogé.

franceinfo : Emmanuel Macron avait promis le renouvellement, la recomposition politique. Comment analysez-vous ce premier gouvernement ?

Jean Petaux : Le nombre de nouvelles personnalités de ce gouvernement qui n’ont jamais été identifiées comme faisant de la politique montre que le renouveau est là. C’est incontestable. Il faut aussi souligner que ce gouvernement est identifiable par ses quatre premiers noms. Vous avez Édouard Philippe, Premier ministre Les Républicains ; Gérard Collomb, premier des ministres d’État, à l’Intérieur, socialiste ; Nicolas Hulot, deuxième ministre d’État, représentant de la société civile ; et François Bayrou, garde des Sceaux et troisième ministre d’État, centriste.

Ne manque-t-il pas une femme à ces postes-clés ? Et que pensez-vous d’un tel niveau de mixité politique ?

La première femme dans l’ordre protocolaire est Mme Sylvie Goulard. Autre symbole, elle est ministre des Armées et je crois que c’est la première fois que cette appellation est réactivée depuis Pierre Messmer dans les années 1960. Sur le plan politique, si on se réfère aux clivages partisans traditionnels, avec des représentants de la droite et de la gauche, c’est inédit. Même si par le passé, nous avions eu ce cas entre 1958 et 1962 avec les derniers ministres centristes du général de Gaulle. Dans ces quatre premières années de la Ve République, il y avait un très large spectre politique avec Guy Mollet pour la SFIO, Maurice Faure et les radicaux. La nouveauté du gouvernement d’Édouard Philippe est l’entrée massive de ce qu’on appelle la société civile. Dans ce cas-là, on n’en a jamais eu autant.

Comment cette équipe hétérogène politiquement va-t-elle pouvoir travailler ensemble ?

La question est de savoir si ce gouvernement va être gouvernable. Dans cette équipe nous avons l’apparition de personnalités fortes et identifiées dans leurs secteurs, notamment Agnès Buzyn à la Santé, Jean-Michel Blanquer à l’Éducation nationale ou encore Jean-Yves Le Drian aux Affaires étrangères. Toutes ces individualités vont-elles former une équipe ? Ça va être tout le travail d’Édouard Philippe et du président de la République.